Nouvelles du Collège Saint-Jean-Vianney

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Pédagogie flexible et co-enseignement: deux enseignantes du CSJV racontent leur plongeon

L'enseignante Charlaine Brousseau anime un atelier concernant la pédagogie flexible.

 

Faisant suite aux ateliers collaboratifs qui se sont tenus tout au long de l’année 2018, deux enseignantes de français du CSJV ont effectué un grand virage et plongé complètement dans un concept de pédagogie flexible et de co-enseignement.

Entrevue avec deux passionnées d’éducation.

1- Comment avez-vous entendu parler de pédagogie flexible et de classe flexible?

“Une de mes amies est conseillère pédagogique et m’en parlait beaucoup. J’avais envie de l’essayer. Alors quand Charlaine a parlé de mettre cela en application, j’ai répondu « présente!» sans hésiter”, raconte Emmanuelle Sirois.

“Mes lectures m’ont menée vers ce genre de pédagogie. Je suis une adepte de la pédagogie ouverte puisque mes enfants vont dans une école alternative. J’ai eu envie de trouver une façon d’adapter cette pratique dans mon enseignement. Mes formations au congrès de l’AQPF m’ont aidée à découvrir ces pratiques. Finalement, je suis encore à l’université, donc proche des nouvelles découvertes et des recherches”, explique pour sa part Charlaine Brousseau.

2- Pourquoi intégrer ces concepts au Collège?

“Pour innover, pour mettre les jeunes en action et les placer au cœur de leurs apprentissages. Je veux préparer mes élèves adéquatement de façon à ce qu’ils développent des stratégies efficaces. Ils doivent comprendre des concepts et bien intégrer les notions, pas les apprendre par cœur et machinalement”, de répondre Mme Sirois.

“J’avais envie de trouver une façon d’impliquer davantage l’élève dans ses apprentissages. Le manque de motivation est un réel problème. Depuis quelques années, j’avais aussi remarqué que les élèves n’ont plus tous le même bagage, certains ont besoin de se faire aider, tandis que d’autres ont besoin d’en avoir plus. L’importance de travailler la différenciation pédagogique devient un besoin criant dans notre milieu. Dans cette optique, la classe flexible est un moyen motivant pour y arriver”, soutient Charlaine Brousseau.

3- Quels sont les avantages d’une classe flexible?

"En théorie, la classe flexible permet à l’élève de faire un premier choix dans son assise. De cette façon, il se sent bien dans son environnement. Si l’élève se sent bien, il sera plus concentré. S’il est concentré, il sera en mesure de se mobiliser dans ses apprentissages. De plus, des recherches ont démontré qu’au-delà du choix de la position, l’éclairage, les couleurs, la fenestration, la grandeur du local ont un impact sur la concentration des enfants en classe flexible. Une fois la concentration de l’élève atteinte, il est en mesure de s’impliquer dans ses apprentissages. La classe flexible met l’élève en mouvement. D’autres recherches ont démontré que lorsque le corps est en mouvement, les apprentissages sont plus significatifs, et ce, peu importe l’élève. Aussi, notre milieu inclusif et la clientèle sportive et active deviennent des causes significatives pour l’utilisation de classes flexibles en pédagogie flexible. La différenciation est alors possible, avec une pédagogie centrée sur l’apprenant”, de répondre les deux enseignantes.

4- Pourquoi travailler en co-enseignement?

“Pour mettre en lumière les forces de chacune de nous deux. Pour permettre aux jeunes de faire un choix en allant vers une personne ou l’autre selon les affinités, la manière de comprendre, la personnalité, la confiance, la timidité. Et le co-enseignement, c’est aussi avoir la chance de profiter de deux expertises”, de dire Mme Sirois.

De son côté, Mme Brousseau souligne que c’est une belle façon d’utiliser les forces de chacune et d'alléger la tâche de planification. Pour les élèves, elle considère que c’est un moyen de bénéficier d’un meilleur enseignement. “Nous sommes continuellement en train de nous questionner pour faire réussir nos élèves”, rappelle la passionnée d’éducation.

5- Quel(s) projet(s) avez-vous réalisé(s) jusqu’à maintenant dans la classe flexible?

“Tous les cours de mes trois groupes se passent en classe flexible en tout temps. Alors, tous les apprentissages se font ici. Nous travaillons en plan de travail. Je cible les élèves qui ont des difficultés par notion et je les rencontre en petits groupes de soutien pour leur apporter l’aide dont ils ont besoin. Aussi, les élèves peuvent s’inscrire d’eux-mêmes à ces ateliers qui sont inclus dans le plan de travail. La collaboration est mise de l’avant, l’élève doit prendre le contrôle de ses apprentissages. Je deviens la guide qui les mènera vers la réussite, mais ce sont eux qui font les efforts”, explique Charlaine Brousseau. 

6- Quelle est la réaction des jeunes dans la classe flexible?

“Ils ont rapidement compris qu’ils ont un privilège et que le matériel disponible est précieux. Ils doivent faire des choix: collègues, places, manière de travailler, tout en développant leur autonomie, la collaboration réelle qui va bien au-delà de croire que c’est un simple échange des réponses…”, de dire Emmanuelle Sirois.

“Les élèves de 1re secondaire réagissent très bien; ils constatent que le climat de classe est différent en classe flexible et que l’implication au travail est beaucoup plus grande. Ils se surprennent eux-mêmes à réussir des choses qu ‘ils croyaient ne jamais réussir. Je dirais que la majorité des élèves sont heureux et contents d’avoir la chance de travailler dans ce genre d’environnement”, de répondre Charlaine Brousseau.

7- Quels seraient vos conseils pour un enseignant qui souhaite adopter une pédagogie flexible?

“Il ne faut pas tout jeter à la poubelle, il faut plutôt prendre le temps de se questionner, de connaître ses réelles intentions pédagogiques et les besoins des élèves. Ensuite, je conseillerais d’essayer de changer sa pédagogie en classe-foyer avant de plonger en classe flexible. On y va une activité à la fois…”, explique Emmanuelle Sirois.

“Il faut se laisser du temps et le droit à l’erreur. Lire et communiquer avec les collègues qui le font déjà constitue une bonne stratégie à adopter. On peut aussi aller observer en classe ce qui se fait, ouvrir ses esprits et surtout, collaborer!”, ajoute sa collègue Charlaine Brousseau.

Merci à Charlaine Brousseau et Emmanuelle Sirois pour leur collaboration dans l’écriture de cet article! Deux enseignantes inspirantes!

Voyez des photos de nos classes flexibles ici:


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